Toi l’acteur, qu’un premier célèbre,
Qu’un second disparate, réprouve et cherche
Dans celui qui tuera l’autre, le tueur,
Celui que l’autre tuera.
Des heures passées au dehors, tu regardes l’amoureux-visage,
L’amoureux-visage à présent le jardin,
Qu’un autre ou tel compare encore au pampre jaillissant de son seuil
Tandis que moi disparate, je compare le tien au leur.


Vivant sans fard mon éternel printemps végétal,
Mes mains glissent sur les traces d’un leurre
Dont on a détourné la sève et qui se replie un peu plus sur lui-même.
Tout, - n’est donc pas dans cette suite de renoncements mais dans l’ultime,
Puisque celui-là l’ultime, devient germe,
Et son rêve l’embouchure.


L’adolescente, qu’un air de fête élève au bruit du tympan,
Trouve un livre, des mots dans le livre.
Et d’un air absent regarde les manivelles, les hommes
Au loin qui conduisent les tracteurs.
Autour d’elle, beaucoup d’êtres vivants disent : « O combien ! ».
Beaucoup d’autres dans leur nouvel habit disent :
« O combien ! ». Elle, tributaire de ce canal, erre encore dans le canal,
Et le fluide lui ressemble. Pourtant quelque chose,
Quelque chose d’autre qu’elle porte sur le cœur
Et que parfois dans la nuit, elle dépose à la fenêtre, - cette ancienne créance,
Trouve une issue nouvelle.


Elle n’est pas seulement qu’une autre, elle n’est pas celle qui,
De circonvolutions en circonvolutions,
Recommence dans le sang fatigué des hommes, le sang
Qui passe d’un corps à un autre, qui arrive et qui se perd dans le sol
Comme un éternel cours d’eau.


(A suivre)

 

 

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