On n'aura pas d'enfant nous, on aura le teint fleuri des bêtes
[mélancoliques].
Un long vinaigre noir à la bouche, vite,

Faire volte-face, demi-tour,
Singer l'ange, aller
Comme les transporter, les chiens à la curée

Sur le chemin du retour, aller renifler ça,
Ce qu'on nous a servi dans l'écuelle,
Sa livre de sardines.

Et s'il faut donner à voir sur les rives un air
Plus majestueux, plus symbolique,Et sentir pamoison ce nouveau pouls, alors

Bon gré mal gré,
Le coeur finira ses applications,
Sans ambages, à la régulière" le long d'une rame,
Pour qu'il lui soit doux d'entendre au crépuscule
Les vers passer dans les troncs.

Nous dormions si bien sous l'eau! Et les nuages
Buvaient à la coupe!
Des haies de hanches aux coutures vermeilles
Y dansaient comme des pieds-d'alouette!

Nous étions champs, nous étions forêts,
Berceau de charmilles, nous étions chemins,
Houppes de fleurs jouant dans la ramille,
Nous étions chair, nous étions main.

Je ne te connais pas, je ne sais pas ce que tu ronges,
Es-tu un oiseau? Toi qui tourne autour des hêtres
Et jette dans les nids ce que les hommes ont songé,
Mangerais-tu de la nourriture pour vaches?

Toi qui folle dans les glaises de Hollande,
Es-tu du nitrate?
Ta patte a-t-elle suivi les galeries du Cerf, ton oeil
Les rives de l'amour paternel?

Je ne sais pas ce que tu ronges, regardes-tu
Avant ou après?,
Les corps que tu happes par la langue?

Du bruit sourd de ta narine heureuse
Coulent des têtes de veaux, de vaches, d'éléphants,
Des rêves de vignes endolories.

De ton coeur à ton coeur pourtant l'on devine
Tournée comme un vase une petite dépression
En forme de fleur: es-tu du rhododendron?

Quel bonheur ont eu tes os à fouler au printemps
Des argiles encore gonflées de pluie!
De ton nerf à ton nerf encore,
L'air a dû filer plus doux.

Tu pourrais t'en aller maintenant, faire une pause,
Comme un feu follet de novembre tu pourrais,
Au hasard d'une brise encore gamine,
Coucher ton rêve dans la feuille