Peut-être faudrait-il, pour une existence un peu plus commode,
Luire en dehors des zones, mourir d'envie,
Mais peut-être que ce n'est pas enviable - et alors luire!
Luire et desserrer les dents!

Comme les ânes couchés sur les pois de senteur,
Ou roulant à demi fou dans les fossés verts,
Peut-être faudrait-il une fois cet amour soldé,
Manger tout son kasha!

Puis dans la trace encore chaude des larmes d'hiver
Dormir, comme les fauves rompus à l'aube,
Harnachés de lièvres et de veaux féroces,
Dormir, - et desserrer les dents!

Peut-être faudrait-il pour inverser la tendance,
Au printemps, chanter comme une poisse dans les houx,
Le coeur au ciel, les mains, - tenir,
- tenir le haut du pavé.

Alors l'idée nous effleurerait-elle, les soirs de belle saison,
Que les cygnes revenus de leur forme la plus pure,
Libres, heureux, les yeux plein d'envie,
Les cygnes puissent longer les bords de mer!

Dans la baie tiède de leurs allants et venants,
De leurs rondes,
Retrouver les reflets qu'ils avaient laissés!

Alors, nous verraient-ils sous notre meilleur jour,
Près des ruisseaux abandonnés, peser nos mortes?
Nous verraient-ils les soirs dans les couchers ardents,
Fondre dans la boue comme les fleurs légères?