Un artiste, une création.

En compagnie de certains artistes, un silence particulier s’installe.
Il n’est ni gênant, ni étonnant. On sent juste qu’on se trouve à l’extérieur de leur travail et que ce qui vit sur la toile ne se situe pas en dehors.
Rencontre avec Benoit lors d’un dîner entre amis, et je remarque comment les moments calmes se confondent avec ce silence.

Le lendemain, en découvrant son site, et les œuvres qu’il y présente, je regrette de ne pas avoir vu ses tableaux avant la rencontre.
En observant ses créations, mon impression est confirmée. Une fois qu’ils ont livré dans le tableau leur travail, les artistes n’ont certainement plus grand chose d’important à ajouter dans la vie ordinaire.
Il me semble que lorsque le travail artistique est authentique, c’est un morceau du monde dans toute sa complexité qui se trouve là. Le reste, autour, nos commentaires ou jugements apparaissent forcément neutres, voir secondaires, superflus, pour ne pas dire pâles et inutiles. Le silence juste peut donc advenir.

Est-ce dire qu’un tableau va au-delà de ce que des mots ou nos réflexions peuvent exprimer?
Certainement, aurais- je envie de répondre. Alors comment parler de ce qui « s’ existe » sur la toile ? Du fragment de vie qui émerge et qui, comme Art, est la fusion de l’humain avec l’unité de notre univers régnant ?
Je veux dire du corps dans le vide. Du matériel dans l’immatériel? Du fragment perçu dans l’éternité insaisissable?
Bref, parler du travail d’un artiste renvoie à une toute autre aventure.

Sur le site et dans la section Galerie, une série de toiles intitulées « les Lagomorphes », une dizaines de tableaux qui me donnent envie de prendre une grande respiration, de sourire d’apaisement devant un travail vrai, précis, vivant.
Oui, ça parle de notre condition et les toiles me parlent tout de suite ce langage complexe.

À mon sens, un tableau d’Art est émouvant lorsqu’il est cette tête d’épingle au croisement des dimensions dont nous, humains sommes dépendants. Et certainement liés.
Le travail que je vois ici est représentatif de notre vécu. L’abstraction y ajoutant sa part de profondeur.
Les figures pouvant être reconnaissables, si on veut, deviennent des points d’ancrage pour l’exploration d’une autre dimension, celle ou celles illimitées qui nous entourent ou nous portent.
Exploration de notre condition humaine dont l’aspect spirituel, le « quelque chose» qui nous dépasse et qui passe, depuis la nuit des temps d’ailleurs, s’incarne par l’expression artistique.
Et comment est-il possible d’en parler sans réduire, sans altérer ce qui est, et ce qui est exprimé ?

Je me propose alors une méthode simple, une petite fenêtre ouverte sur son travail, en décrivant juste ce que je vois, ce qu’il a peint. Et cela faisant, peut-être arriverais-je à évacuer, moi aussi ce que je crois. Car croire n’est pas voir.
Voir c’est entrer dans les détails.
Les détails du monde rendent celui-ci puissant, vivant.
Et lorsqu' une œuvre est vivante, c’est elle qui vient vers nous.


                                                                                                                              Helena Sko, 12 juin 2020


                                  














































                  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Copyright ©2019 Benoit Rouer - Artiste plasticien - Trentels - Lot et Garonne - Tous droits réservés